Les constats


Des statistiques clés illustrent l’ampleur de la crise de la santé mentale au Québec et soulignent la nécessité d’engagements forts pour répondre aux priorités identifiées sur le terrain

La santé mentale requiert l’attention, la visibilité, les moyens et l’engagement des décideurs pour prendre soin des Québécoises et des Québécois. Les efforts doivent être tournés vers la santé populationnelle globale et celle des populations vulnérables de notre société : jeunes, personnes aînées, personnes souffrant de troubles mentaux graves, populations isolées, personnes en situation d’itinérance. La santé mentale des personnes qui soignent doit, elle aussi, être une priorité.

La situation des investissements financiers au Québec

Seulement 5,6%

Le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) consacre seulement 5,6 % de son budget à la santé mentale, moins qu’au soutien administratif.

Troubles mentaux graves

0,5 à 1% de schizophrénie
1,5% de maladie bipolaire

Croissance des épisodes psychotiques, comportements désorganisés ;

Pression sur les policières et policiers, équipes de Suivi intensif dans le milieu (SIM) et Équipe PEP— Premiers épisodes psychotiques ;

Limites du système médico-légal pour répondre aux besoins de la population et des intervenant·e·s.

Accès aux soins et services psychiatrique

581 000 personnes, 2500 lits

581 000 personnes souffrent d’anxiété ou de dépression — plus que la population de la Ville de Québec. 

En 2023, le Québec disposait d’environ 2 500 lits en psychiatrie.


Pendant ce temps:

  • Les services sont fragmentés;  

  • Il y a absence de trajectoires claires pour soigner les troubles de santé mentale et les dépendances; 

  • Il existe des inégalités extrêmes entre les régions et les grands centres.

  • Les urgences, les GMF et les ressources communautaires subissent une pression impossible à gérer.

Itinérance

12 000 personnes. 74%.

Environ 12 000 personnes en situation d’itinérance visible au Québec : les troubles mentaux sont surreprésentés chez les personnes en situation d’itinérance

74 % souffrent d’un trouble mental (Canada) dont 47 % d’un trouble concomitant (santé mentale + abus de substance)


En parallèle, on observe une hausse des troubles mentaux graves et des situations d’itinérance liées au logement et à l’absence de soins continus. 

Santé mentale des soignant·e·s

25 millions d’heures

Près de 25 millions d’heures perdues au MSSS en raison des problèmes de santé mentale du personnel.

Actuellement, il y a un niveau de détresse élevé et un absentéisme record.


En réponse à cela, les professionnel·le·s de la santé mentale reconnaissent:

  • Le besoin d’un cadre national pour mesurer, soutenir, prévenir; 

  • Une volonté de pérenniser un forum annuel sur la santé mentale des soignant·e·s.

Santé mentale des jeunes

Le triple entre 2010 et 2023!

Chez les jeunes filles de 10 à 14 ans, le taux d’hospitalisations pour des tentatives de suicide a triplé de 2010 à 2023.  

L’anxiété explose (de 9 % en 2010 à 20 % en 2023). 


En parallèle, on dénote

  • Une hausse des troubles anxieux, de TDAH, de détresse scolaire, de tendances suicidaires, plusieurs de ces problèmes étant reliés à une forme ou l’autre de cyberdépendance ou de fréquentation des médias sociaux; 

  • Une manque d’intervenant·e·s dans les écoles; 

Face à quoi les professionnel·le·s de la santé mentale demandent:

  • de renforcer la prévention, axe faiblement présent dans le Plan d’action interministériel en santé mentale 2022-2026; 

  • d’adresser les besoins en centres jeunesse, milieux de vie, prévention primaire/secondaire.

Santé mentale des personnes aînées

25 % de la population

En 2030, les 65 ans et plus représenteront 25 % de la population, par rapport à 18 % en 2018.

À partir de 65 ans, la prévalence annuelle des troubles mentaux augmente, surtout chez les personnes qui reçoivent des soins de longue durée.

Ainsi, parmi la population aînée, une personne sur quatre a des symptômes anxio-dépressifs d’intensité variée.

Plusieurs recherches démontrent une espérance de vie moindre pour les personnes présentant des troubles mentaux graves.


Devant ces faits, les professionnel·le·s de la santé mentale tire la sonnette d’alarme.

  • La solitude, l’isolement et les symptômes anxio-dépressifs rendent la personne âgée particulièrement vulnérable, tels que mis en lumière durant la pandémie; 

  • Soins de proximité: le domicile et les soins de proximité sont de loin préférables au milieu hospitalier ou institutionnel par les personnes aînées; 

  • Le réseau de soins de santé mentale adulte n’est pas toujours adapté ou accessible à la clientèle âgée, et l’expertise en gérontopsychiatrie est difficile à conserver, car elle ne bénéficie pas de budget dédié; 

  • Les troubles mentaux présents ou passés peuvent être un frein à l’accès aux services de santé et d’hébergement, et cet accès passe par une meilleure collaboration dans le réseau.